La nature est toujours la plus forte

Dans la nuit du 5 au 6 mai, nous avons subi des pertes de récoltes suite à un épisode de gel. Bien que les services météorologiques ai prévenu à l’avance et que les vignerons ai eu le temps de s’organiser pour lutter. Les dégâts sont disparates mais bien visibles. La plupart des vignerons jurassiens ont choisi de lutter en créant un écran de fumée à l’aide de feu de paille mouillée.

Arbois dans la fumée. Lutte contre le gel
Arbois se réveille dans la fumée. La parcelle « Lukas » est sauvée du gel.

Etant donné la configuration de mes parcelles et le fait d’avoir conservé mes bois de taille en fagots, j’ai choisi une autre option. J’ai brûlé, en bas de ma parcelle la plus gélive, des fagots de sarments et des saules verts ou pourris pour faire de la fumée.

Les résultats sont peu probants. En effet, la végétation trop importante sur le sol et les vignes trop basses m’ont desservi. Deux semaines après le gel, la vigne de mon voisin de gauche est bien plus verte que la mienne, à droite .

A l’heure actuelle, je ne peux estimer ma perte de récolte mais je vous laisse constaté via ces quelques photo des sujets les plus spectaculaires.

Vignes ayant subi le gel (2 jours après)
Vignes ayant subi le gel
2 heures après
Vignes ayant subi le gel
12 jours après
Vignes ayant subi le gel (12 jours après)
Vignes ayant subi le gel
12 jours après

Les parcelles des Nouvelles , naturellement moins gélives ont été beaucoup moins touchées. L’enherbement avait été mieux maîtrisé et les voisins avaient fait un écran de fumée qui a participé, de manière bénéfique, à la protection de mes parcelles.

Tour de Babel contre le gaspillage

Pendant le repos végétatif, les vignerons taillent leurs vignes pour les mettre en condition pour produire sur la nouvelle année. Depuis longtemps, l’homme a trouvé des solutions pour évacuer ou employer ces bois enlevés aux vignes. Dans le Jura et dans la plupart des vignobles, la solution est de mettre les bois au sol et de les broyer avec un broyeur à marteaux ou à fléau. Dans les parcelles difficilement accessibles ou avec des soucis de maladies cryptogamiques (champignons), les bois peuvent être brûlés dans des brouettes .

Ces deux méthodes ont des avantages mais ce sont leurs inconvénients qui nous ont amené à une expérimentation.

Pour faire simple, lorsque nous broyons les bois, nous gagnons du temps et du carbone dans les sols mais la contre-partie est un passage obligatoire de tracteur qui tasse les sols et qui consomme du carburant. Sur mon tracteur, un broyeur à marteaux consomme plus que de bêcher 1m30 de largeur sur 10 cm de profondeur sur le même nombre de rangs. De plus, le broyat conserve les maladies et demande une grande quantité d’azote au sol pour la dégradation des bois.

Jusqu’à cette année, je brûlais les bois dans une brouette car je n’étais pas équipé pour faire autrement et aussi parce que ça entre dans ma stratégie de lutte contre les maladies de la vigne. Le soucis est que l’énergie de cette combustion est gaspillée .

Cette année, un ami a décidé de stocker ces bois pour se chauffer l’hiver prochain. Ma chaudière n’est pas compatible mais l’idée m’a fait réfléchir et malgré le surcoût de main d’œuvre, j’ai également sorti mes bois en fagots pour d’autres éventualités. Si nous avons une gelée de printemps comme en 2017, je les brûlerai pour réchauffer les vignes et sinon je les donnerai pour les barbecues cet été.

Économiquement cela ne se justifie pas (pour l’instant) mais nous avons passé un bon moment avec Laurence à construire ce silo à bois qui doit résister aux intempéries…

Laurence se repose
Y a du vent par ici !!
Lancer de fagot
Lancer de fagot