Juillet en Arbois

mildiou
Très peu de maladies cette année – Parcelle « Eliott »
Mildiou2
Une belle attaque de mildiou – Parcelle « Eliott »
Pet'Nat'
13/7/19 – Fête du Pet’Nat’ chez Thomas POPY.
De belles rencontres humaines et de bien bonnes bulles

La nature est toujours la plus forte

Dans la nuit du 5 au 6 mai, nous avons subi des pertes de récoltes suite à un épisode de gel. Bien que les services météorologiques ai prévenu à l’avance et que les vignerons ai eu le temps de s’organiser pour lutter. Les dégâts sont disparates mais bien visibles. La plupart des vignerons jurassiens ont choisi de lutter en créant un écran de fumée à l’aide de feu de paille mouillée.

Arbois dans la fumée. Lutte contre le gel
Arbois se réveille dans la fumée. La parcelle « Lukas » est sauvée du gel.

Etant donné la configuration de mes parcelles et le fait d’avoir conservé mes bois de taille en fagots, j’ai choisi une autre option. J’ai brûlé, en bas de ma parcelle la plus gélive, des fagots de sarments et des saules verts ou pourris pour faire de la fumée.

Les résultats sont peu probants. En effet, la végétation trop importante sur le sol et les vignes trop basses m’ont desservi. Deux semaines après le gel, la vigne de mon voisin de gauche est bien plus verte que la mienne, à droite .

A l’heure actuelle, je ne peux estimer ma perte de récolte mais je vous laisse constaté via ces quelques photo des sujets les plus spectaculaires.

Vignes ayant subi le gel (2 jours après)
Vignes ayant subi le gel
2 heures après
Vignes ayant subi le gel
12 jours après
Vignes ayant subi le gel (12 jours après)
Vignes ayant subi le gel
12 jours après

Les parcelles des Nouvelles , naturellement moins gélives ont été beaucoup moins touchées. L’enherbement avait été mieux maîtrisé et les voisins avaient fait un écran de fumée qui a participé, de manière bénéfique, à la protection de mes parcelles.

Je fais des vins natures moins le quart!™ ©

Mon ami, Didier G., a mis le doigt sur une de mes contradictions que je dois éclaircir.

Depuis que je fais du vin avec les Donneurs de Temps, je suis persuadé de faire du vin nature. Mais c’est litigieux! En effet, il peut m’arriver d’utiliser de petites doses de soufre ainsi, qu’occasionnellement, de la bentonite (une argile de collage). De plus, je n’exclus pas un jour devoir utiliser, si nécessaire, de l’acide tartrique dans mes vins.

Alors, le vin nature, ça n’est que du raisin?

Le terme « vin nature » ou « vin naturel » est proscrit par le service des fraudes en France. En l’absence de cadre légal, pas de règles, ni de contrôle.

Le texte de la DIRECCTE indique que, « réglementairement parlant », les mots « nature« , « naturel » ou tout autre appellations semblables ne peuvent pas être utilisées pour le vin. Par ailleurs, le comité national de l’agriculture biologique de l’INAO a récemment précisé que « réglementairement, le mot nature ne peut pas être utilisé pour le vin. Selon le codex agroalimentaire, ne peuvent prétendre à ce terme que les aliments bruts, qui ont été à la limite tranchés ou râpés. Mais pas fermentés ou conditionnés… ».

Je réalise donc, d’après Philippe et Didier, des vins natures moins le quart ™ ©

Depuis le millésime 2012, tous mes vins avaient, à l’analyse, moins de 30mg/L de SO2 total.

Toutes les cuvées des millésimes 2012, 2013 et 2015 étaient sans soufre ajoutés. Mais, à l’analyse, elles se trouvaient avec plus de 10mg/L de SO2 total (produit par les levures).

En 2014 et 2017, les cuvées de rouges ont été sulfitées à 2g/hL (20mg/L de SO2 ajoutés).

En 2016, toutes les cuvées ont reçu 1 à 2g/hL de SO2.

Mon sentiment

Pour faire du vin nature à 100% (pur jus, si je puis dire), il faut donc des vignes et un vigneron en santé. J’ai eu, pour ma part, une petite baisse de régime mais je mets en place de nouvelles techniques pour m’épargner et pour faire des vins qui, je l’espère susciterons l’émotion.

Vous pouvez consulter l’article consacré aux vins naturels sur le site de l’UFC Que choisir : https://www.quechoisir.org/enquete-vins-naturels-du-raisin-et-rien-d-autre-n65943

Tour de Babel contre le gaspillage

Pendant le repos végétatif, les vignerons taillent leurs vignes pour les mettre en condition pour produire sur la nouvelle année. Depuis longtemps, l’homme a trouvé des solutions pour évacuer ou employer ces bois enlevés aux vignes. Dans le Jura et dans la plupart des vignobles, la solution est de mettre les bois au sol et de les broyer avec un broyeur à marteaux ou à fléau. Dans les parcelles difficilement accessibles ou avec des soucis de maladies cryptogamiques (champignons), les bois peuvent être brûlés dans des brouettes .

Ces deux méthodes ont des avantages mais ce sont leurs inconvénients qui nous ont amené à une expérimentation.

Pour faire simple, lorsque nous broyons les bois, nous gagnons du temps et du carbone dans les sols mais la contre-partie est un passage obligatoire de tracteur qui tasse les sols et qui consomme du carburant. Sur mon tracteur, un broyeur à marteaux consomme plus que de bêcher 1m30 de largeur sur 10 cm de profondeur sur le même nombre de rangs. De plus, le broyat conserve les maladies et demande une grande quantité d’azote au sol pour la dégradation des bois.

Jusqu’à cette année, je brûlais les bois dans une brouette car je n’étais pas équipé pour faire autrement et aussi parce que ça entre dans ma stratégie de lutte contre les maladies de la vigne. Le soucis est que l’énergie de cette combustion est gaspillée .

Cette année, un ami a décidé de stocker ces bois pour se chauffer l’hiver prochain. Ma chaudière n’est pas compatible mais l’idée m’a fait réfléchir et malgré le surcoût de main d’œuvre, j’ai également sorti mes bois en fagots pour d’autres éventualités. Si nous avons une gelée de printemps comme en 2017, je les brûlerai pour réchauffer les vignes et sinon je les donnerai pour les barbecues cet été.

Économiquement cela ne se justifie pas (pour l’instant) mais nous avons passé un bon moment avec Laurence à construire ce silo à bois qui doit résister aux intempéries…

Laurence se repose
Y a du vent par ici !!
Lancer de fagot
Lancer de fagot

Le Bio peut-il se passer de traitements et de pesticides?

Ce week-end, j’ai vu dans un grand magasin, un rayon bio forcément vert avec écrit en gros sans pesticide et sans herbicide (leur bio).

Je suis navré pour les consommateurs qui pensent cette phrase juste.  « Bio sans pesticide » est un abus de langage voire même un mensonge. En effet, de nombreuses cultures avec une seule espèce (autrement appelées « monoculture ») et en particulier la vigne ont besoin de traitements pour produire.

En agriculture biologique, nous avons le droit d’utiliser principalement des oxydes de cuivre et du soufre. Ces deux matières actives naturelles sont à considérer comme des pesticides non organiques de synthèse. Le supermarché, lui, ne veux pas perdre son temps à expliquer que le Bio correspond à la non-utilisation de produits organiques de synthèse (molécules crées par l’homme par réaction chimique à partir du pétrole essentiellement). Dans ces molécules de synthèse interdites, il y a notamment tous les désherbants et d’autres pesticides.

Pour en savoir plus, une belle plaquette qui explique la viticulture biologique faite par  Anne-Claire Bordreuil pour Interbio Franche-comté.

http://www.interbio-franche-comte.com/view.php/Depliant%20Viticulture%20bio%202017.pdf

Ethique Vs Commercialisation

Il est très difficile de concilier une activité mercantile et une certaine idée de l’éthique dans les relations humaines …

J’ai, d’ailleurs, beaucoup de mal à trouver ma place et ma position dans la vente de mes produits car les codes de la vente, qui seraient de servir une belle histoire, simple et compréhensible par tous, se heurtent à la réalité du terrain.

L’histoire de mes vins ne peut s’expliquer par un discours formaté qui s’adapterai à chacun. J’élabore un produit (nano) artisanal dont la recette dépend entièrement de la nature. Elle est, par essence, non reproductible. Il n’existe pas de recette et il n’y a pas de répétabilité. L’expliquer est très long et pas nécessairement recherché par le client final.

C’est pas Bio de tricher !

Je ne soutiens pas les paysans bio qui fraudent au label ni ceux, d’ailleurs, qui imposent une omerta sur le sujet.

Depuis longtemps l’Homme à démontrer sa cupidité et, malheureusement, ça ne fait pas exception dans ma profession. Dans toute la France et même en Bourgogne – Franche Comté, certains paysans dits « bio » fraudent au label. Tous les producteurs sont parfaitement au courant mais il est mal venu de communiquer sur le sujet.

Je suis en désaccord complet avec l’idée en vogue qui est de dire qu’il s’agit d’un fait marginal et qu’il est préférable d’en faire abstraction.

Logo européen AB
Le logo européen “agriculture biologique”  est encore appelé “Eurofeuille”.

Quant à moi, je considère que le Bio est une marque commerciale à laquelle le paysan adhère volontairement, moyennant une contre-partie financière. Je pense donc que le paysan et son organisme certificateur se doivent de défendre cette marque.

En 2017, J’ai changé d’organisme certificateur car il avait, à mon sens, faillit dans la défense de la « marque BIO ».

Visitez le site de l’Agence Bio.

Bonjour tout le monde !

Bienvenue sur le blog des Donneurs de Temps. Vous retrouvez dans cette partie des explications sur les techniques que j’emploie, sur des moments de vie de l’entreprise, des vidéos et tout un tas de choses qu’il me plaira de vous faire partager. Alors, à bientôt !!